Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 15:12

 

J’ai découvert la psychogénéalogie suite à la lecture du livre d’Anne Ancelin Schutzenberger.

Ce terme englobe des notions que je connaissais déjà, à savoir les zones d’ombre familiales, les secrets de famille…

Cette psychologue française a réalisé les recherches les plus significatives sur le sujet. Le principal concept mis en avant est celui du syndrome d’anniversaire. Cette théorie est basée sur la supposition que nous sommes, psychologiquement, la résultante de notre histoire familiale, sur plusieurs générations.

La plupart de nos choix, qu’ils soient professionnels, affectifs, culturels ou autres seraient influencés par ce que nos ascendants ont vécu. C’est ainsi que nous retrouvons dans l’arbre généalogique des répétitions de toutes sortes : prénoms, métiers et maladies.

Certains cancers, par exemple, surviendraient à des « dates anniversaires ».

 

Concrètement la lecture m’a rappelé l’histoire d’une étudiante, il y a une quinzaine d’années. Celle-ci avait 22 ans et venait de traverser une longue période de dépression guérie. Cette jeune fille eu de grandes difficultés à se remettre aux études mais grâce à son courage obtint son BT.S.  puis elle obtint une licence professionnelle. Je la revis à plusieurs reprises, je fis également connaissance de ses parents. Elle m’invita à son mariage.  Plus tard, je la revis et elle me confia qu’elle avait découvert, à l’occasion de son mariage, qu’elle était née de père inconnu et que l’homme qu’elle considérait comme son père n’était pas son père biologique… tout le monde était au courant … sauf elle ! un secret de famille bien gardé, qui sans la demande d’un document administratif, serait toujours un secret de famille…curieusement l’âge qu’elle avait lors de sa dépression était également l’âge qu’avait sa mère lors de sa grossesse…

On voit donc que les non-dits et les secrets de famille rejailliraient ou se répèteraient sur plusieurs décennies.

 

D’ailleurs à ce propos, je ne résiste pas à vous raconter le « théorème du singe ».

Une vingtaine de chimpanzés est isolée dans une pièce où  est accrochée une banane et seule une échelle permet d’y accéder. La pièce est également dotée d’un système qui permet de faire couler de l’eau glacée dans la chambre dés qu’un singe tente d’escalader l’échelle.

Rapidement, les chimpanzés apprennent qu’ils ne doivent pas escalader l’échelle. Le système d’aspersion d’eau glacée est ensuite rendu inactif, mais les chimpanzés conservent l’expérience acquise et ne tentent pas d’approcher de l’échelle. Un des singes est remplacé par un nouveau. Lorsque ce dernier tente d’attraper la banane et gravissant l’échelle, les autres singes l’agressent violemment et le repoussent. Lorsqu’un second chimpanzé est remplacé, lui aussi se fait agresser en tentant d’escalader l’échelle, y compris par le premier singe remplaçant.

L’expérience est poursuivie jusqu’à ce que la totalité des premiers chimpanzés qui avaient effectivement eu à subir les douches froides soient tous remplacés. Pourtant les singes ne tentent plus d’escalader l’échelle pour atteindre la banane. Et si l’un d’entre eux s’y essaie néanmoins, il est puni par les autres, sans savoir pourquoi cela est interdit et en n’ayant jamais subi de douche glacée.

Cette histoire est utilisée pour symboliser par exemple la naissance et le fonctionnement de la « culture d’entreprise », des cultures familiales et des secrets de famille notamment.

 

Muriel le Brize

 

Par LE BRIZE
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